Saïd Chaou

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Saïd Chaou (aussi transcrit Said Chaâou), né en 1967 à Douar Manoud (près d’Al Hoceïma), est un entrepreneur néerlandais d'origine marocaine qui a été député au Maroc de 2007 à 2010.

Premier séjour aux Pays-Bas, 1978-2000

Arrivé aux Pays-Bas en 1978, il y fait fortune en tant que chef d'une entreprise de construction et patron d'un coffee shop (café avec vente légale de cannabis) à Roosendaal, lequel finit par être fermé pour infraction à la Loi sur la vente de drogues douces[1].

Retour au Maroc, 2000-2010

En 2000, il retourne au Maroc où il investit dans le secteur touristique une partie de son patrimoine constitué aux Pays-Bas[1] [2].

En 2007, il devient un des 14 députés du Parti Al Ahd, qui fusionne un an plus tard avec d'autres formations pour crée le nouveau Parti authenticité et modernité, fondé par un proche du Palais royal marocain[3].

Il fuit le Maroc en 2010 quand son nom est cité dans le cadre d'une bande de trafiquants de stupéfiants dont le "baron", Najib Zaimi, est par la suite condamné à mort, et son second, Hicham Chouhou, condamné à la prison à perpétuité[1].

Indépendantiste rifain en exil aux Pays-Bas à partir de 2010

Il devient par la suite un des initiateurs du "Mouvement du 18 septembre pour la libération de la République du Rif"[1] ou du "Mouvement indépendantiste rifain du 18 septembre" (en rifain Zi amussu n 18 cutenber i uzarug n’ ARRIF) et crée une chaîne de télévision, Anoual TV, et un site web, www.tabrat.info ("La Lettre du Rif"), lequel n'est plus en ligne depuis début juin 2017, alors que la page facebook homonyme l'est encore fin juin 2017[4] [5].

Arrestation en 2015

Le 9 juin 2015, il est arrêté par la police néerlandaise à Roosendaal[1], et relâché à une date inconnue. Selon Janny Groen, du Volkskrant, il s'agissait d'une opération préparée depuis un an et demi, coordonnée par le service d'enquêtes fiscales néerlandais, en coopération avec les justices française et espagnole, concernant un trafic de stupéfiants vers la France et le blanchiment de millions d'euros. Chaou aurait été relâché, selon certains avec un bracelet électronique[2].

Crise et nouvelle arrestation en 2017

Le 24 juin 2017, le Maroc rappelle son ambassadeur à La Haye par protestation contre le refus des Pays-Bas, depuis 2010, d'extrader ce ressortissant binational. Par ailleurs, Rabat l'accuse, outre sa participation au réseau de Najib Zaimi, de financer des manifestations populaires contre le régime, d'abord essentiellement rifaines (et sociales plutôt que nationalistes/séparatistes), mais qui s'étendent au reste du Royaume, ainsi que d'avoir fourni des gardes du corps au leader des révoltés rifains, Nasser Zafzafi[6]. L'AFP note aussi que "les Pays-Bas comptent une importante communauté d'origine marocaine, en grande partie originaire du Rif" et que "ces dernières semaines, plusieurs manifestations de soutien au mouvement de contestation dans cette région enclavée ont été organisées au Pays-Bas"[7].

A la veille de l'annonce de la crise diplomatique entre le Maroc et les Pays-Bas, Saïd Chaou avait démenti dans un long discours toute relation avec le Hirak, mouvement de protestation rifain[8].

Au lendemain de l'annonce du rappel de l'ambassadeur marocain, les ministères néerlandais des Affaires étrangères et de la Justice ont diffusé un communiqué de presse dans lequel ils précisent que "Les Pays-Bas tiennent maintenant et dans le futur à une coopération effective avec le Maroc, à condition qu'elle soit basée sur des cadres judiciaires internationaux et sur la protection de l'Etat de droit", ce qui indique clairement que les Pays-Bas ne considèrent pas que cela va de soi au Maroc, où la torture est pratiquée de facto pour extorquer de faux aveux (Nederland hecht nu en in de toekomst aan effectieve samenwerking met Marokko, mits gebaseerd op internationaal rechtelijke kaders en bescherming van de rechtsstaat.[2]).

Le 29 juin 2017, Chaou est arrêté dans le cadre de la demande marocaine, le Ministère néerlandais de la Justice estimant que le Maroc a donné des garanties pour qu'il en soit jugé que pour le trafic de stupéfiants, et non pour ses activités politiques, et qu'il pourra le cas échéant purger sa peine dans une prison néerlandaise. Toutefois son avocate annonce qu'il s'oppose à son extradition et que les "garanties" annoncées n'ont aucune valeur[9]. Le ministère marocain des Affaires étrangères, tout en prétendant que Chaou ne sera jugé que dans le cadre du mandat d'arrêt délivré en 2010 et de la demande d'extradition de 2015, pour "crimes graves liés à la constitution d’une association de malfaiteurs et de crime d’homicide volontaire ainsi que de délits de corruption et de trafic international de stupéfiants", avait clairement fait référence au supposé financement du Hirak, la révolte rifaine, dans son communiqué du 24 juin: "l’implication de ce trafiquant dans le financement et le soutien logistique à certains milieux au Nord du Maroc", "mercenaire de l’agitation"[10] [11].

Sources

  1. 1,0, 1,1, 1,2, 1,3 et 1,4 Rob Zorn et Mathijs Pennings, "Oud-lid van Marokkaans parlement Said Chaou opgepakt bij actie in Roosendaal tegen drugshandel", Omroep Brabant, 15 juin 2015
  2. 2,0, 2,1 et 2,2 Janny Groen, du Volkskrant, mentionne 2007 comme date de "rémigration", "In 2007 remigreerde hij naar Marokko." cf. Janny Groen, "Diplomatieke rel met Marokko draait om deze Rif-activist en 'drugshandelaar'", De Volkskrant, 25 juin 2017
  3. puis reprend son indépendance avant les élections communales de 2009 sous la dénomination Parti Al Ahd Addimocrati, mais il n'est pas clair si Chaou est resté au PAM ou s'il a rejoint le fondateur d'Al Ahd dans cette scission-refondation
  4. "Message de Saïd CHAOU du Mouvement indépendantiste rifain au peuple Kabyle à l’occasion de la levée officielle du drapeau national Kabyle", Siwel, 22 avril 2015
  5. "Maroc : qui est Said Chaou, l’homme accusé de téléguider les contestations dans le Rif ?", Jeune Afrique, 26 juin 2017 (cet article inclut des détails, véridiques ou non, tellement précis qu'ils ne peuvent que provenir de sources des services de renseignements, policiers ou judiciaires marocains, à charge de Chaou dans un sens essentiellement politique, et donc fortement sujets à caution)
  6. "Marokko roept ambassadeur terug, Nederland noemt maatregel 'onbegrijpelijk'", NOS, 24 juin 2017
  7. AFP, "Crise diplomatique entre le Maroc et les Pays-Bas autour d'un "trafiquant de drogue"", La Libre Belgique, 24 juin 2014
  8. Mohammed Jaabouk, "Said Chaou défend le «Hirak» de toute velléité de séparatisme et accuse le PAM", Yabiladi, 24 juin 2017
  9. "Riffijnse activist Saïd C. opgepakt in Nederland vanwege uitleveringsverzoek Marokko", De Volkskrant, 29 juin 2017
  10. "Le Maroc décide de rappeler immédiatement pour consultation son ambassadeur aux Pays-Bas", Ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale (MAECI), 24 juin 2017
  11. "Saïd Chaou a été arrêté et "sera jugé au Maroc" selon la diplomatie marocaine", Tel Quel, 29 juin 2017
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