Conseil communal consultatif des immigrés (Belgique)

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Électrices et électeurs, candidat.e.s et élu.e.s d'origine étrangère ou binationales.aux en Belgique

Élections communales de 1994 - 2000 - 2006 - 2012 - 2018 - dans des communes spécifiques
Élections en Région bruxelloise - Autres élections
Tentatives d'autonomisation politique des allochtones en Belgique - Partis musulmans en Belgique - Profils des électeurs par origine nationale ou par religion
Bibliographie
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<center>Électrices et électeurs, candidat.e.s et élu.e.s d'origine étrangère ou binationales.aux en Belgique

Élections communales de 1994 - 2000 - 2006 - 2012 - 2018 - dans des communes spécifiques
Tractothèque (photos d'affiches, tracts scannés etc.)
Élections en Région bruxelloise - Autres élections
Tentatives d'autonomisation politique des allochtones en Belgique - Partis musulmans en Belgique - Profils des électeurs par origine nationale ou par religion
Bibliographie
Résultats officiels - Électeurs.trices étrangers.ères
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"La Belgique avait déjà expérimenté le système des conseils consultatifs dans sa colonie du Congo, où les premières véritables élections municipales, limitées à trois agglomérations urbaines, n'eurent lieu qu'en décembre 1957, soit seulement deux ans et demi avant l'indépendance. L'attaché de presse du gouverneur du Congo écrivait à ce propos dans son journal personnel le 13 octobre 1956 "Les Noirs n'ont plus confiance dans les conseils "consultatifs" de tous genres (...). Ils sont lassés d'émettre des voeux auxquels on ne donne jamais suite, de voir leurs propositions modifiées complètement sans en être avisés, leurs desiderata rejetés sans qu'on leur donne de raison autre que le fait du prince"[1])."
"A partir de 1968, plusieurs communes de la métropole mirent sur pied des "conseils consultatifs communaux des immigrés" (CCCI), vu la présence importante de résidents étrangers parfois installés dans la même commune depuis vingt ans, voire plus. Les pionnières furent deux communes de la région liégeoise, Cheratte et Flémalle-Haute, imitées l'année suivante par la commune limbourgeoise de Heusden. Le bourgmestre (maire) de Flémalle-Haute était André Cools, une personnalité de premier plan au sein du Parti Socialiste; celui de Cheratte était également un socialiste, Urbain Kowalski, petit-fils naturalisé de mineurs polonais [2] [3]."
"En tout, une trentaine de CCCI furent créés entre 1968 et 1975, dont dix en région bruxelloise, deux en périphérie bruxelloise, sept en province de Liège, huit en province du Hainaut, un à Namur, quatre au Limbourg et trois en Flandre Orientale [2] [4]. Les CCCI de La Louvière et le Stedelijke Migrantenraad d'Anvers ont été mis sur pied respectivement en 1979 (élu en 1986) et 1993 (élu en 1996).
"Lors d'un colloque réunissant des élus et anciens élus wallons et bruxellois des CCCI et des militants associatifs issus de l'immigration en 1988 à Charleroi, la plupart des participants estimaient que l'expérience des CCCI s'était soldée par un échec dans la mesure où elle avait donné, puis brisé, l'espoir d'une véritable participation directe des immigrés aux élections communales à court terme. Le seul participant qui faisait encore preuve d’entrain et d’optimisme était le président (communiste italien) du nouveau CCCI élu de La Louvière, en place depuis deux ans seulement, alors que son homologue (socialiste italien) liégeois s’interrogeait sur l’intérêt de poursuivre l’expérience commencée quinze ans plus tôt."
(...)
"Un des aspects qui mériterait d'être approfondi par une recherche est la trajectoire socio-politique des anciens membres après la disparition des CCCI, en relation avec l’entrée d’élus issus de l’immigration dans les conseils communaux des mêmes entités. Nous en connaissons au moins quatre en région bruxelloise qui ont acquis la nationalité belge et se sont portés candidats aux élections communales de 1994. Trois d’entre eux (K. Zeguendi, A. Smahi, M. Romdhani) ont d’ailleurs été élus, le dernier devenant député régional l’année suivante. Le dernier président du CCCI de Bruxelles, Mohamed Boukantar, s'est pour la première fois porté candidat (PS) aux communales d'octobre 2000, et a été élu, de même que MM. Smahi et Romdhani, tous deux placés parmi les derniers candidats de leurs listes (PS). Les derniers présidents des CCCI de La Louvière et de Liège figuraient pour la première fois tous deux sur les listes du PS au titre de ressortissants européens (italiens) pour les communales de 2000, seule la première fera son entrée dans un conseil communal où le nombre d'élus d'origine italienne passe de trois à dix[5]."

Dans les communes bruxelloises

Tract PRL de 1988 à Etterbeek (source: Oriane de Biolley, La vie politique des communes bruxelloises et l'immigration - l'argument "immigrés" dans les campagnes communales (1970-1988), Louvain-la-Neuve, Editions Academia, collection Sybidi Papers n°18, 1994)
commune date de création bourgmestre en place bourgmestre depuis parti du bourgmestre
Auderghem 1973 Paul Delforge 1959 PLP
Bruxelles-Ville 1974 Lucien Cooremans 1957 PLP
Etterbeek 1971 Léon Defosset 1971 FDF (ex-MPW, ancien du PCB)
Forest 1972 Jacques Lepaffe 1971 FDF
Koekelberg 1972 Paul Bossaert 1971 PL
Saint-Josse 1972 Guy Cudell 1953 PSB
Schaerbeek 1972 Roger Nols 1971 FDF (ex-PLP)
Uccle 1972 Jacques Van Offelen 1965 PLP
Watermael-Boisfort 1973 Jacques-Henri Wiener 1958 PLP
Woluwe-Saint-Pierre 1973 François Persoons 1971 FDF (ex-PSC)
"Le CCCI doit obtenir pour sa création l’accord des autorités communales qui, par une délibération, en motivent l’utilité et en déterminent la mission. La décision d’approbation est complètement laissée au gré du bourgmestre. La seule tentative (restée sans suite) de rééquilibrer.... Cela a deux conséquences directement néfastes :
- l’instance communale peut refuser toute initiative immigrée de création du CCCI (c’est le cas de St-Gilles [Jacques Franck (PSB), bourgmestre depuis 1957], Molenbeek [Edmond Machtens (PSB), bourgmestre depuis 1939], Anderlecht [Henri Simonet (PSB), bourgmestre depuis 1966])
- l’instance communale peut prendre l’initiative sans une liaison organique avec la population immigrée (c’est le cas d’Auderghem)[2]."

Sources

  1. Jean Labrique, Congo politique, Léopoldville, Editions de l'Avenir, 1957, p. 28
  2. 2,0, 2,1 et 2,2 Silvana Panciera, "Les conseils consultatifs communaux des immigrés", Courrier Hebdomadaire du CRISP (Bruxelles), n°963, 21 mai 1982
  3. Marcel Levaux, "Droit de vote et d'éligibilité pour les immigrés et quelques autres problèmes les et nous concernant", Cahier n°16 du Centre d'Etude et de Documentation Communiste (Bruxelles), octobre 1997
  4. CCCI Bruxelles 20 janvier 1980
  5. Pierre-Yves Lambert, "Les conseils consultatifs communaux des immigrés en Belgique", Migrations Société, vol. 13, n° 73, janvier-février 2001 (numéro sur "Structures municipales de concertation ou de consultation des résidents étrangers")

Liens externes

  • Léonard Doyen, "Les immigrés et la politique" (article portant exclusivement sur "la participation au scrutin organisé le 18 octobre 1970 à l’intention des personnes précitées en vue de renouveler le Conseil facultatif Communal des Immigrés de Cheratte"), Courrier hebdomadaire du CRISP, 1971/7 (n° 512)
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