Élections municipales néerlandaises de 1998

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Électeurs, candidats et élus d'origine non-européenne aux Pays-Bas
Parlementaires
Élections municipales
1998 (à Bijlmer) - 2002 - 2006 - 2010 (à Venlo) - 2014
Partis musulmans - Listes allochtones
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Pierre-Yves Lambert
Suffrage Universel, juin 1998

FAIBLE PARTICIPATION

La participation générale à ces élections municipales a été la plus basse jamais enregistrée aux Pays-Bas depuis la suppression du vote obligatoire en 1970: 59,5%. Une des explications de ce faible score semble être la proximité des élections législatives en mai prochain. Par ailleurs, comme des sondages préélectoraux l'avaient déjà souligné, les trois quarts des jeunes de moins de 25 ans n'avaient pas l'intention d'aller voter. Il faut noter que le cumul des mandats est interdit aux Pays-Bas, et que les candidats aux municipales n'ont par conséquent qu'une notoriété locale.

Selon une simulation effectuée dans les quatre grandes villes et à Arnhem par Forum, l'Institut pour le développement multiculturel, en collaboration avec l'Université d'Amsterdam seuls 32% des électeurs allochtones sont allés aux urnes, soit dix pourcents de moins qu'il y a quatre ans. Le PvdA (social-démocrates) et Groenlinks (fusion de trois partis de la "Petite Gauche": socialistes pacifistes, radicaux et communistes) ont recueilli respectivement 44 et 21 pourcents de voix allochtones.

Les observateurs semblent avoir été surpris de cette faible participation des allochtones, compte tenu notamment du fait que "les candidats allochtones ont pas mal mené campagne" et que "les médias turcs ont focalisé beaucoup l'attention sur ces élections", comme l'a expliqué au quotidien néerlandais De Volkskrant[1] I. Akel, directeur du NCB (Centre néerlandais des étrangers). Pour lui, les partis politiques n'ont peut-être pas assez incité les allochtones à aller voter, considérant que c'était devenu superflu étant donné qu'il s'agissait des quatrièmes élections auxquelles les allochtones pouvaient participer. A son avis, ceux qui se sont quand même rendus aux urnes ont surtout voté pour des candidats allochtones.

SOLIDARITES ETHNICO-POLITIQUES

Il y a quelques mois s'était développé une querelle ouverte au sein de Groenlinks à La Haye. Des membres autochtones déclaraient ne plus se sentir membres de la "Gauche Verte" (Groenlinks), mais de la "Gauche alévie". Un groupe d'Alévis turcs avait en effet complètement bouleversé l'ordre proposé des candidats sur la liste pour les municipales en votant en bloc pour placer un candidat "venu de nulle part" à la deuxième place. D'après le correspondant d’un quotidien belge, "cet événement n'est que l'illustration d'un phénomène: beaucoup d'élus allochtones ne savent pas très bien s'ils doivent représenter leur parti tout entier ou seulement leur propre base"[2].

Ce candidat, Ahmet Daskapan, a été élu sans difficulté, de même que quatre de ses colistiers, soit un de plus qu'en 1994. Il faut noter qu’il était à nouveau candidat aux législatives deux mois plus tard, et qu’il a recueilli un score appréciable de 4060 voix, sans toutefois être élu.

A La Haye toujours, deux candidats allochtones, I. Chandoe (PvdA) et A. Tyriaki (CDA, démocrates-chrétiens) ont été élus grâce aux votes préférentiels exprimés en leur faveur. A Helmond (Nord-Brabant), le Marocain M. Naoum a décroché le septième siège du PvdA alors qu'il figurait en seizième position sur la liste.

Selon des estimations de Forum, quelques 75 candidats allochtones auraient été élus, soit un peu plus que dans les précédents conseils. Néanmoins, Forum estimait au lendemain des élections que ce chiffre pourrait augmenter une fois connus tous les résultats des votes préférentiels.

L'Institut pour les Etudes Ethniques de l'Université d'Amsterdam a constaté, dans sa simulation, d'importantes disparités de participation selon les origines nationales: 44% pour les personnes d'origine turque, 34% pour les Marocains, 24% des Surinamiens et des Antillais, et 34% des Capverdiens.

Il y a quatre ans, la participation avait été beaucoup plus forte chez les Marocains, qui avaient surtout voté pour Groenlinks, phénomène qualifié à l'époque d'"effet Rabbae", du nom du député Groenlinks d'origine marocaine Mohammed Rabbae. A l'époque, les élections municipales avaient subi l'effet d'entraînement des législatives où Rabbae était tête de liste de Groenlinks.

Les Turcs ont plutôt voté pour le PvdA (32%) et pour le CDA (28%), mais les suffrages en faveur de partis "divers" ont nettement augmenté: alors que ces partis n'avaient récolté que 5% des suffrages des électeurs d'origine turque en 1994, ce pourcentage s'élève à 19% en 1998. A Utrecht, il atteint même 61%, en grande partie émis en faveur de la "Liste Isçi" qui, avec 1,6% des voix, ne décroche aucun siège.

A Rotterdam, où vivent 600.000 personnes dont 240.000 allochtones, seuls 30% de ces derniers auraient voté [3]. Dans les conseils de district de cette ville, le PvdA, le VVD (libéraux) et le SP (extrême gauche) ont été les grands gagnants, au contraire des nombreux nouveaux partis qui se présentaient à ces élections. Seule exception, un parti de pensionnés qui a enregistré quelques succès. Ces nouveaux partis voulaient représenter des intérêts ou des groupes particuliers, comme les jeunes amateurs de musique "house", les immigrés, les musulmans ou les automobilistes. Même dans le district de Delfshaven, qui compte environ soixante-dix pourcents d'allochtones sur 73.000 habitants, aucun de ces partis n'a récolté suffisamment de suffrages pour décrocher ne fût-ce qu'un siège.

Dix des 45 conseillers municipaux d’Amsterdam sont d’origine allochtone, contre cinq sous la législature précédente. Le PvdA compte le plus grand nombre d’élus allochtones, cinq sur quinze. Aucun allochtone n’a été désigné comme échevin/adjoint au maire au sein de la coalition « arc-en-ciel » (PvdA, VVD, D66, Groenlinks) [4].

ELECTEURS OUBLIES

Quelques centaines de résidents étrangers de Nimègue ont reçu seulement dimanche (les élections avaient lieu un mercredi) leur convocation pour les élections communales. En effet, pour la première fois cette année, les ressortissants de l'Union Européenne inscrits dans une commune néerlandaise depuis plus de six semaines pouvaient participer aux élections municipales. La commune de Nimègue avait oublié cette nouvelle réglementation[5]...

Sources

  1. De Volkskrant 6 mars 1998
  2. Steven De Foer, in De Standaard 4 mars 1998
  3. NRC 5 mars 1998
  4. NRC 14 avril 1998
  5. NRC 5 mars 1998
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